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titre:Nouvelles de l'Etna, Et explication de la formation d'un" Graben"
auteur:J. Sintès
date:25-07-2016 

L'activité du volcan Alaid en baisse Au début du mois l'activité sur le volcan avait retrouvé une vigueur visiblement assez importante, avec la formation d'au moins une nouvelle coulée de lave dans le cratère sommital.
Or il semble que cette nouvelle phase éruptive a été brève.

En effet, en premier lieu, les signaux thermiques détectés par les satellites MODIS (AQUA et TERRA) et traité par le MIROVA montrent que le pic thermique, qui a commencé le 04 juillet, décline dès le 7 juillet et a pour ainsi dire disparu dès le 09 juillet.
Un pic de quelques jours seulement qui, depuis, n'a été suivi que de brèves et faibles émissions thermiques, qui peuvent être compatibles avec la radiation thermique émises par les coulées en cours de refroidissement.

Etna, Italie, 3330 m

Pour l'heure il n'y a pas d'activité éruptive en sens strict du terme mais, comme pour le Pavlov, le volcan reste le siège d'une activité interne supérieure à la normale.
Les volcanologues de l'INGV ont relevé ces derniers jours des émissions de SO2 un peu plus importantes pouvant atteindre les 7000 tonnes/jours et ces dernières semaines le tracé du trémor montré des alternance de phases stables et de phases marquées par des successions régulières de petits "sauts": le système magmatique n'est donc pas au repos.
Et depuis le 10 juillet, au moins, ce sont des petites bouffées de cendres qui se forment sur le Nouveau Cône Sud-Est, de manière relativement régulière.
Elle sont la marque d'un dégazage pulsant.
Pour l'heure le trémor ne connait pas de tendance à la hausse.

Mise à part ces légères émissions de cendres en cours, le sommet a connu depuis la fin du dernier paroxysme des changements morphologiques importants.
En particulier une réseau de fractures en extension (failles normales) travers de part en part, du nord au sud, le cône nord-Est, la Voragine et la Bocca Nuova, avant de bifurquer vers le sud-est pour traverser le Cône Sud-Est et le Nouveau Cône Sud-Est. Ces fractures en extension délimitent une zone où le sol s'est affaissé: il s'agit d'un graben. Au niveau de la paroi qui sépare le Cône Nord-Est et la Voragine, ce graben se manifeste sous la forme d'un ouverture dans le flanc du Cône Nord-Est.
Plus globalement la fracturation sur ce cône Nord-Est a produit des éboulements dont les débris accumulés au fond de son cratère, qui se trouve actuellement plutôt obstrué.
Il s'agit là d'une observation importante car si le magma tentait de sortir au niveau de ce cône la prochain fois, l'obstruction pourrait augmenter l'explosivité en début d'éruption.

Il est intéressant de noter que ce réseau de fractures reprend, d'après les volcanologues de l'INGV, celui qui était progressivement apparu entre 1998 et l'éruption de 2004-2005, sur le flanc Est, bien qu'il se soit développé un peu plus à l'Ouest que le précédent. Cette fracturation est interprétée comme étant le résultat d'un instabilité chronique du haut versant Est de l'Etna.

En géologie, un graben (terme d'origine allemande signifiant « fossé ») est un fossé tectonique d'effondrement entre des failles normales. Le compartiment surélevé par rapport au graben est appelé « horst ».

Un long graben ou une série de grabens peuvent produire une vallée de Rift (rift valley pour les anglophones).

Ce phénomène résulte d'une remontée de matériel chaud provenant de l'asthénosphère, créant une tension au niveau de la surface de la lithosphère. Cette tension se traduit par un bombement de la croûte qui induit un effondrement du relief.

À terme, le matériel chaud perforera la surface, on parlera alors de dorsale océanique qui, par extension de la lithosphère donnera naissance à un océan.

Cas particuliers : les « grabens inversés »[modifier | modifier le code] Il existe des contextes d'inversion tectonique de bassins sédimentaires produisant ce que les géologues (géologues pétroliers notamment1) appellent « graben inversé ».

C'est le cas par exemple dans le Sud de la Mer du Nord où les grabens ont une forme anormale, « formant des hauts structuraux par rapport à leurs plates-formes » (ex : « Broad Fourteens basin »)1.

Les géologues pensent
1) aujourd'hui que les grabens de la Mer du Nord se sont formés dans ou sous l'actuel plateau continental entre le Trias et le Crétacé inférieur puis qu'ils se sont inversés (avec changement d'orientation pour certains d'entre eux et parfois avec un « décollement supracrustal » comme avec la couche de sel thuringien (dit « sel Zechstein »
2) sous l'effet de processus tectoniques qui se sont déroulés du Crétacé supérieur au Tertiaire. (Ici il s'agit probablement d'un effet différé et éloigné de la collision Alpine1).

Des modélisations de ces phénomènes sont en cours, sur la base de données notamment acquises lors de l'exploration pétrolière des fonds marins1.

Ces « anomalies » de la géodynamique des fonds marins sont étudiées avec attention ; pour des raisons de recherche fondamentale d'une part (avec un intérêt pour la géologie mais aussi le cycle du carbone, le risque sismique, la tectonique, microséismes liés à la déformation continentale par réactivation de structures héritées d'échelle crustale) dans des contextes d'exploitation de gisements profonds éventuellement susceptibles de déclencher des micro-séismes induits), etc...), mais aussi car on y trouve des hydrocarbures (pétrole et gaz naturel)1.
Comprendre la genèse, la circulation (contexte faillé) et plus encore le piégeage dans les « grabens inversés » de ces hydrocarbures est nécessaire pour des raisons de sécurité des forages profonds dont le nombre tend à augmenter alors que les ressources conventionnelles en pétrole et gaz diminuent, et parce que des groupes pétroliers comme Total ont envisagé d'utiliser certains de ces réservoirs comme lieu de stockage géologique du CO2 au fur et à mesure de leur exploitation.


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