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titre:Activités du volcan Villarrica
auteur:J. Sintès
date:04-03-2015 

Nom : Villarrica
Région/Pays : Région des lacs / Chili
Alt. : 2847 m




A partir de 06h46 TU (03h46 heure locale) le régime de dégazage change : la fréquence des explosions semble augmenter au point qu'elles deviennent presque ininterrompues.
Ce régime de transition dure une vingtaine de minutes pendant lesquelles l'activité s'intensifie progressivement. Ce n'est que vers 07h10 TU que le changement de régime est complet et qu'une véritable fontaine de lave, c'est à dire un jet de gaz qui contient des fragments de magma, haute de 1000m environ.
Cette débauche d'énergie ne dure qu'un quart d'heure environ car la fontaine s'éteint à partir de 07h26 TU, pour redonner un régime de dégazage plus discontinu (strombolien).
Il s'agit d'une coulée de lave secondaire, formée à partir de l'accumulation rapide des fragments chauds et toujours partiellement liquide.
Le SERNAGEOMIN a confirmé, après son survol du volcan, qu'il n'y avait pas eu de véritables coulées de lave comme cela a pu être suggéré au regard des premières images.

Mise à jour 04 mars (09h48)
Le volcan est resté globalement calme suite au paroxysme d'hier. Les images webcam montrent que des éboulements au niveau des nouveaux dépôts se sont poursuivis toute la journée et en début de nuit, mais semblent se stabiliser.
Suite à la diminution de l'activité, l'ONEMI a décidé de baisser le niveau d'alerte institutionnelle pour la ramener au jaune dès la mi-journée (locale) sauf au niveau de la zone d'exclusion (étendue à 10 km autour du sommet), tandis que le SERNAGEOMIN maintient le niveau d'alerte volcanique ("alerte technique") au rouge.
Les volcanologues relèvent depuis hier une sismicité faible et n'excluent pas que le conduit soit maintenant obstrué : il s'agit peut-être de l'un des éléments qui incitent le SERNAGEOMIN a maintenir l'alerte au maximal.
En effet, avant d'abaisser cette alerte, les volcanologues veulent savoir comment se comporte le volcan dans les heures/jours qui suivent le paroxysme.
Plusieurs centaines de personnes restent actuellement déplacées dans les différentes zones à risques et de légères coulées de boue ont été observées notamment, et c'est assez ironique, dans le Rio Claro (la rivière claire) à 2 km au nord de la ville de Pucòn : c'est une des nombreuses rivières qui sont alimentées par le glacier du Villarica et c'est bien là la conséquence d'une fonte partielle, sous l'effet des retombées de la fontaine de lave.

Sources: SERNAGEOMIN; ONEMI; BiobioChile; Soychile; twitter

Dominant la ville et le lac du même nom, le Villarrica est un majestueux volcan, très actif avec une cinquantaine d’éruptions répertoriées depuis 1558.
Situé au cœur de la région des lacs, il reste englacé toute l’année sur sa partie sommitale.
Une caldera de 2 Km de diamètre constitue la base du cône actif actuel piqueté de nombreux cônes de scories et fissures éruptives.
Le stratovolcan lui-même est assez imposant: 250 km3 de laves accumulées sur une surface de 700 km². L'évolution géologique de l'édifice, telle qu'elle est interprétée actuellement par l'étude des dépôts, est découpée en trois étapes.
La plus ancienne commence à un moment imprécis, au cours de pléistocène moyen (entre 780 000 et 126 000 ans). Un édifice se forme alors, et la séquence de dépôts (500 m en tout) est une succession de coulées de boue, écoulements pyroclastiques, coulées de lave de compositions diverses (des basaltes aux andésites) , le tout en partie remanié par des glaciers aujourd'hui disparus.


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