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titre:A propos des bactéries de la solfatare de Naples
auteur:J. Sintès
date:01-03-2017 
lien:http://www.futura-sciences.com/comprendre/d/dossier654-1.php?word=1178196702 


A PROPOS DES BACTERIES DE LA SOLFATARE de PUZZUOLI


Dans les sources chaudes volcaniques (comme la Solfatare) ou sous-marines, voire dans les profondeurs de la Terre, vivent des micro-organismes terrestres appelés extrêmophiles. Il y a, entre autres, quelques bactéries et de nombreuses archéobactéries, un embranchement dont on pense qu’il dominait la planète au début de l’histoire de la vie, alors que régnaient des conditions extrêmes.


Une margueritte dans la solfatare. Photo: J. Sintès.


Certains micro-organismes, classés dans les espèces thermophiles, résistent à des températures parfois proches de celle de l’ébullition de l’eau. Certaines archéobactéries peuvent même se développer jusqu’à 110°C.


Bulles dans la solfatare. Photo: J. Sintès.


D’autres micro-organismes acidophiles ou alcalinophiles, c’est-çà-dire résistants à des ph extrêmes, vivent aussi dans les sources volcaniques souvent très chargées en ions minéraux.

Les bactéries thermophiles fabriquent de façon naturelle des protéines qui sont stables à température élevée.

Parmi ces protéines, une enzyme, l’ADN polymérase est responsable de la construction de la chaîne d’ADN (acide désoxyribonucléique contenant le code génétique). L’ADN, pour se dupliquer (se reproduire à l’identique) a besoin d’ADN polymérase qui existe dans l’organisme. Lorsqu’on veut étudier le code génétique en laboratoire, on a besoin de fabriquer de l’ADN en quantité suffisante. Avant d’utiliser « le génie génétique », il fallait – pour dissocier les 2 brins de l’ADN (qui est sous cette forme dans toutes les cellules) – le chauffer à haute température ; l’enzyme permettant de dupliquer l’ADN était alors détruite. En prenant une enzyme d’une bactérie thermophile, le problème est résolu et on peut donc fabriquer rapidement les parties de l’ADN que l’on veut étudier.

Les ADN polymérases de ces bactéries thermophiles sont utilisées, par exemple :
- dans la recherche
- en criminologie
- pour l’étude de maladies génétiques
- en diagnostic pour détecter des maladies virales et/ou bactériennes (humaines, végétales ou animales).

D’autres enzymes des micro-organismes thermophiles sont également étudiées mais pas encore commercialisées. La demande industrielle est très importante. Les enzymes sont en effet utilisées dans plusieurs branches industrielles où elles interviennent comme catalyseurs d’une réaction chimique au cours du procédé lui-même. C’est le cas de la transformation de l’amidon en glucose, du traitement des tissus et cuirs ou de la préparation de la pâte à papier.

La commission européenne considère que c’est un domaine de recherche prioritaire. Un programme en recherche et développement implique actuellement 58 institutions internationales, y compris 13 firmes industrielles européennes. Son objectif est de parvenir à produire des enzymes industrielles (hydrolases et ADN polymérases) voire d’autres molécules, à partir d’extrêmophiles sélectionnés.

Une vingtaine de sociétés dans le monde fabriquent de l’ADN polymérase et la compétition est sévère quand on sait tout l’argent que rapporte un brevet.

On comprend que la découverte de nouvelles bactéries est importante, c’est pourquoi les chercheurs s’intéressent aux bactéries de la Solfatare.

Source: étude de la solfatre près de Naples dans les champs Phlégréens


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