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titre:Le rocher de la Garde (Var 83)
auteur:Roger de Lorenzi -T&V- 83
date:30-06-2011 
lien:http://pagesperso-orange.fr/ssnatv 


Le rocher de La Garde (Var)
par Roger de Lorenzi





Le rocher de La Garde, village situé à proximité et à l'est de Toulon, aiguise la curiosité pour celui qui le découvre.
En effet ce gros caillou verdâtre, haut de 44 mètres, de 200 mètres environ sud-nord, 300 mètres environ est-ouest, sur lequel fût bâti l'ancien village et son château, émerge au milieu des alluvions quaternaires, sur la dépression permienne du département.

Jusqu'à sa récente datation isotopique, fixée à 180 millions d'années environ (Ère secondaire " Mésozoïque", jurassique inférieur, lias), les habitants croyaient à une météorite, le village était alors bâti sur un morceau d'étoile, c'était très poétique, mais inexact.



Je pensais trouver le fin mot de l'histoire dans un article récent, paru dans un magazine local, car le titre, un peu long, me semblait accrocheur : " L'énigme du rocher, sous le vert minéral de son panache à facettes, le rocher de La Garde cache un mystère volcanique que les géologues essaient de percer depuis plus d'un siècle". Mais en vain, je suis resté sur ma faim.

Il s'agit bien d'une roche volcanique, une andésite, roche très répandue dans la Cordillère des Andes, d'où son nom, de composition complexe, mais dont on ne retrouve aucune trace dans la région, à part à La Garde.



La cristallisation et le refroidissement de cette roche furent assez rapide; c'est une éruption fissurale, et faute de renseignements actuels sur sa structure et l'absence de forages profonds à sa proximité, les géologues avancent plusieurs hypothèses :



- Une ancienne coulée de lave dont le point d'émission serait situé à une distance plus ou moins grande, peut-être dans une zone basculée qui serait actuellement située sous la mer;
-Un dyke, mais il n'a pas aujourd'hui l'aspect d'un mur irrégulier;
- Un vestige de neck, intrusion verticale, déchaussée par l'érosion. Mais on ne trouve pas la structure des roches du neck, qui est souvent une lave formée de fragments empruntés aux parois de l'éruption.

Il y a donc pour l'instant une difficulté pour classer ce rocher.
( Réf: Le rocher de La Garde ( Var ), par Jean TROUMPS – annales de la société des Sciences Naturelles et d'Archéologie de Toulon et du Var, tome 49, 3 ème Trimestre 1997 ).

Ce qui surprend, c'est ce rocher mis a nu, en partie, par l'exploitation de la carrière, qui fût arrêtée en 1916.



Cette carrière a fourni, en grande partie, les pavés des rues de Toulon, mais elle fit disparaître le château construit au sommet.


Le "cratère" vestige de la carrière.


Il ne reste plus aujourd'hui que la chapelle et la partie inférieure d'une tour du château datant du XII ème siècle.



Il faut se promener dans l'ancien village pour découvrir le charme de ces rues, de ces maisons, de ces vieilles pierres.

NB : Cet article a été réalisé en 2007 par Roger de Lorenzi
Secrétaire Général de la Sté des Sciences Naturelles et d'Archéologie de Toulon et du Var (SSNATV).

Il est membre de l'Association Terre et Volcans


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